21 novembre 2008
Les enfants de Kushibun,
sponsors, aides, nouvelles et précisions
Tout d'abord, je tiens à préciser que ces enfants sont toujours à aider et sponsoriser. Camille est intéressée pour donner une petite somme d'argent de temps en temps et Tetaliban veut sponsoriser le petit Raju. Joanna s'est aussi proposée pour sponsoriser un ou deux enfants.
Pour vous expliquer, la situation sur place est devenue encore plus compliquée du à une nouvelle loi, ce qui force Umbrella à se concentrer sur la restructuration de ses propres maisons... et l'empêche donc de nous aider aussi vite que possible comme cela avait été promis.
Toutefois, pour lancer ce que nous voulions, une maison pour ces 30 enfants avec toutes les commodités de rigueurs, nous sommes obliger d'être sûrs des rentrées d'argent. Il ne s'agit pas de faire un pari et d'être obligé d'abandonner le projet et les enfants faute de moyens.
Vous comprenez donc que pour le moment je souhaite surtout réunir des promesses de sponsoring et de don. La mienne tient toujours: 5000 euros pour la mise en place du projet pour les 6 premiers mois.
Aux dernières nouvelles (de par Anneli qui est de nouveau sur place) les enfants ont enfin un accès d'eau courante. Pour autant les enfants, sans accompagnateur responsable, n'ont pas encore le réflexe d'une hygiène parfaite. Anneli s'est attaquée au problème par une distribution de brosse à dents. De ses amies offriront des couettes (les nuits sont déjà froides, même si les enfants ne s'en plaignent pas). Notre amie Suédoise a du emmener le petit Raju à l'hôpital, il a toujours un gros ventre, et des parasites dedans, mais selon les medecins ce n'est plus grave comme ce l'était cet été. ouf!
Et désormais, la cuisine se fait dans la chambre des garçons, un point négatif sachant que celle-ci s'effectue au kérosène.
Grâce à l'asso Save the Children, contactée par Anneli, les enfants ont pu passer des vacances d'Octobre (Dashain) en famille.
De mon côté, France Tibet est d'accord pour emmener les dons vers les enfants, ce qui est très pratique sachant que les membres se rendent au moins quatre fois par an sur Kathmandu (il s'entend donc que les chèques se feront à son nom, déductibles d'impôts). D'ailleurs Marcelle, la présidente, devrait rencontrer Anneli là-bas cette semaine et lui donner un chèque de 200 euros, don de France Tibet.
Et j'espère enfin qu'Anneli soit capable de recevoir un résumé de la situation des familles dans les villages, ainsi que l'état des écoles. Ce que Gyan Bahadur Lama, secrétaire de la protection à l'enfance m'avait promis. Ce dernier ne donne plus de nouvelles, mais Save the Children semble suffisamment implanté dans le district de Rashuwa pour pouvoir obtenir les informations... à suivre.
03 novembre 2008
l'après
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Ci-dessous, la feuille affichée au resto où je travaille (l'ancien chasseur, pour ceux qui ne savent pas encore, sous le drapeau tibétain du beffroi par belle coïncidence).
Mes premiers jours dans Amiens étaient sous le signe de la fusion des joies des retrouvailles et de la peine de l'éloignement. J'ai déjà habité longtemps à l'étranger mais cette fois, l'attachement m'a joué des tours sous la forme d'enfants aux grands sourires.
Et donc je crois que je suis mur pour vivre entre deux mondes. Dans les yeux et les sourires des connaissances, amis et la famille je vois qu'ils cherchent des images, et peut-être des réponses... alors je pense à une manière de présenter cette année chérie de ma vie, dans les collèges par exemple. En attendant je relance un peu la curiosité des clients amiénois du restaurant libanais. je précise rien du tout, j'attends gentiment les questions. C'est afficher dans le restaurant, et quelques personnes regarde, mais tres peu de question... bien moins comparer à la présence du dernier livre de Francois Ruffin sur le comptoir... Par contre Marcelle Roux, présidente tres active de France Tibet et très heureuse de cette initiative et promet 200 euros pour les enfants. Elle se propose aussi d'emmener l'argent à Kathmandou. C'est tout bonheur.
Quant à l'utilisation de l'argent je veux qu'il serve avant tout aux enfants de Kushibun (voire plus bas) mais je ne veux pas oublier non plus Manasarovar que je sais parfois dans le rouge.
Je comptabilise mes pourboires ( cette semaine 34 euros... grace à ma tante) et puis j'enverrai l'argent à France Tibet
Et pour ceux qui veulent soutenir tous ces enfants tout en soulageant leurs impôts et sans manger libanais ni le couscous, les dons sont à adresser à France Tibet.

Votre serveur envoie 50% de ses pourboires
aux enfants avec lesquels il s’investit au Népal

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Enfants de la région d’Umla et enfants tibétains, élèves de l’école
Manasarovar de Kathmandu
Coordination avec France Tibet
07 octobre 2008
De Dungasiri a Varanasi
J'avais oublie, en plus des pelerins, nous avons aussi eu la visite d'une troupe de danseurs avec le producteur. Ils tournerent tout d'abord en bas de collines. C'etait un dimanche alors vous pensiez bien que ca a attire les voisins. C'etait pas Bollywood, pas eu cette chance, non. C'etait Pollywood (la version polypocket) qui vient de la capitale du Bihar, Patna. Ils avaient du desir de bien faire, mais pas assez de sous pour les figurants. Quand ils tournerent en fin de journee sur les escaliers menant a la grotte, Lobsang, peu heureux des envahisseurs, riaient aussi dans un coin dissimule de sa bouche. Il voulait conserver son masque de gardien qu'il r
eserve aux indiens. Moi je ne me suis pas vraiment prive tandis que le cameraman etait des plus serieux, et comme si personne ne remarquait, derriere la danseuse, les trois figurantes trouvaient le moyen d'etre chacune sur un rythme different. L'une d'elle etait meme au bord des larmes.
Puis il a aussi faire la circulation. Des moines thailandais, de jeunes gars aux beaux tatouages sur leur corps bronzes, des tatouages du Dhamma il s'entend. Ils desiraient bien sur prier dans la grotte, alors que la troupe de Pollywood tournait juste devant. Le vieux moine n'apprecia pas beaucoup la musique mais les deux jeunes s'attarderent un peu plus et s'enquirent s'ils etaient devant une celebrite indienne.
Apres Dungasiri, je suis retourne vite fait a Bodh Gaya ou j'ai passe un peu de temps avec la famille de Sanjay, pour les remercier. Je ne pas revu Tenzin, mais suis reste avec avec Gautam, le petit frere de la famille. Puis au soir je suis parti vers Gaya.
Un jeune passager de l'auto-rickshaw s'est pris d'affection pour moi. Au terminus nous avons marche une vingtaine de minutes puis il me conduisit a un (cyclo-)rickshaw. L'homme accepta le prix local, 10Rs, tout de suite. Sans bronche.
A la gare, pas de soucis pour le billet vers Varanasi, la ville sainte. Un billet non reserve devant ma petite vie au jour le jour. il y avait du monde sur le quai et qu'en le train arriva la lutte commenca. Les sardines, de leur ocean, luttaient pour entrer dans la boite. Je suivis le courant et m'arreta a hauteur d'un homme assis qui me tint la conversation. Le couloir etant completement bloque par la maree humaine, je decidais donc d'attendre, la conversation aidera a faire passer le temps. Puis apres cinq minutes, l'homme fit pousser un peu ses voisins sur le banc, je n'avais pas vu que deux enfants dormaient la, et une place se libera pour moi.
L'homme se rendait a Varanasi pour les funerails d'un oncle.
Un train de nuit permet de dormir, mais dans les wagons qui ne s'appellent plus troisieme classe, les sieges sont toujours en bois. Ca fait mal aux fesses! au milieu de la nuit, les passagers debout avaient trouve un moyen de s'accroupir pour dormir... des hommes sardines comme dans un poulailler!
A Varanasi, je decidai de me diriger pour l'adresse que m'avait donne Lobsang. Vous vous en doutez, il s'agit du temple tibetain, un peu a l'ecart de la ville, dans la bourgade rurale de Sarnath.
C'est bourre de monasteres a Sarnath. C'est ici que le Buddha donna son premier enseignements (celui sur la souffrance et ses causes), autrement dit, c'est la que Shakyamuni tourna la roue pour la premiere fois. Et donc je retrouvais la Mahaboddhi Society.
C'est un moine tibetain arrive sur place il y a trois mois qui m'accueillit et celui-ci me sollicita pour un peu de lecons d'anglais... et de francais:)
Le matin meme je louais un velo. En arrivant a la gare j'avais pris un petit dejeuner leger e
t plaisant avec des tartines grillees et beurrees que je trempais dans mon the. Mes voisins me regarderent faire avec curiosite. Je leur souriait. L'un deux se leva, et solanellement m'annonca quand dans mon verre c'etait du the. :) choc culture, pourtant j'avais cru voir des indiens faire de meme. Choc ou pas choc le gout du pain beurre trempe dans le the, un the contennant 70% de lait, ca m'a pas fait tout l'effet d'une madeleine, mais comme le souvenir des milliers de petits dejeuners confortablement avales. Un souvenir automatique tres agreable car lies aussi a l'hygiene de ces repas matinaux dans des cuisines tres propres.
A Varanasi avec mon velo je me suis paume et j'ai creve deux fois. J'ai trouve une gargouille qui comme d'habitude ressemble a celle ou mangent l'habitant local. C'etait tres bons. La dame me servit un plat de viande, ca faisait un baille que je n'en avait pas mange, ca avait le gout d'un boeuf bourguignon, mais dans mon dos on conspirait pour apposer un prix irreel a mon repas. Il n'y avait pas un touriste dans les environs, et s'en doute n'y en aura-t-il jamais, et tous sauf, un homme qui voulait montrer le cote civilise de l'Inde, se disaient que gagner un peu d'argent avec un blanc ca seraient tres bien. Et donc ils envoyerent les gamins me suivre. Quelle education, j'vous dit!
Apres une matine a tourner dans la ville, j'en avais deduis que le Gange ne presentait qu'un haut de courbe a la ville... ce que confirma une carte. Le jeune homme qui repara ma roue, m'indiqua le bon chemin. SUr la route je m'arretais au bazaar, des flics partout, aux entrees et a l'interieur aux intersections et a l'entree des temples. La des vaches enormes apparaissaient soudainement comme accouchees la. Parfois un troupeau de buffles aussi frolait les etoffes, les bracelets scintillants et le maklai (une sorte de yaourte). Sous le choc, je me posai a une echoppe et commandait un the. Le commercant, une boulette contre la gencive, me dit qu'il ne vendait que du lait chaud. Allons-y pour du lait chaud. Un brin su
rreel, je me rappelais un film de ce genre, ou soudainement une vache apparaissait sur un sofa.
Puis visite des ghats. Pas d'air de saintete. L'endroit etait paisible. Pas de buchers a cette heure, et quelque part cela accentua, l'impression de lattence d'une usine de la mort. Ici on brule les corps a la chaine, et on festoie derriere les murs aux allures de forteresses sur tout le long de la rive, et au bas de ces murs ancestraux, sont peints des publicites...
Malgre le soleil, quelques saddhus se lavent dans l'eau degueulasse, ya pas vraiment d'autre mot quand on connait le degres de salete sur les rives du fleuve le plus sacre d'Inde, et que boire ses eaux peut tuer un homme. Derriere le Ghat numero II il y avait un quartier comme le Thamel de Kathmandou. Un couple de touriste se trouvait embarasse avec un gamin qui mendiait avec une innocence desemparante
.
A un autre ghat, plus loin, loin des touristes, un homme etait assis paresseusement sur des marches, ses yeux nonchalemment pose en contre-bas ou un gamins trimait a tenir une lance a eau pour degager une ravine. Je prenais une photo. Un homme vint, prevint le gamin qu'il devrait recevoir de l'argent pour la photo, je repondais a l'adulte que c'est lui qui devrait bosser, il s'est barre...
Je rentrais par un autre chemin, heureux de retrouver la diaspora tibetaine, comprenant trois etudiants. Car a Sarnath il y a un institut de tibetologie. Il donne des master en bouddhisme. C'est par fierte et amour pour leurs origines et ce qu'ils sont qu'ils etudient et il y a de tres bonnes facilite, et pourtant comme le dit l'un deux : "J'ai une soeur en Europe, en Autriche je crois, tu sais si elle pourra un travail vite fait?" . "Elle a quoi comme diplome? lui demandais-je". "Un master en Bouddhisme... Je sais, ca ne sert a rien".
A mediter
06 octobre 2008
Dungasiri, la grotte de Mahakhala et son moine
C comme si par nostalgie je restais dans un entourage tibetain.
10 jours je suis reste avec Lobsang Ngodup Lama.
La premiere soiree, nous etions quatre. Trois tibetains des trois provinces du Tibet, Amdo, Kham et U-Tsang. Sous la serenite des lieux mais aussi sous la chaleur tropicale ou meme le soir les corps preferes le moins d'habits possible, y compris le moine, ils parlerent du pays.
A flanc de colline rocailleuse, la ou poussent les palmiers et ou s'ebattent les perroquets bleus, trois hommes attendent. A les ecouter parler l'exil devenait materiel.
L'homme de l'U-Tsang est un fils de nomade, orphelin de pere. Sa mere l'a amene a Dharamsala pour qu'il puisse etudier mais a 18 ans degoute de n'avoir de contact avec son sponsor (la-bas c un systeme collectif) et posseder par l'injustice que subit les siens, il prit le chemin de l'armee. L'armee indienne il s'entend. Il apprit la guerilla et fut envoyer dans le laddhak a la frontiere avec la Chine.
Les nuits etaient froides et longues alors les soldats etaient heureux de profiter de la generosite de l'etat a leur egard, a savoir des coupons pour l'alcool et deux verres gratuits tous les soirs. Et donc Tenzin, c'est son nom, a eu des soucis d'alcool, chose courante chez les anciens soldats.
La nuit les troupes indiennes surveillent une frontiere que les chinois parfois traversent... car ils chassent le kyang, l'ane sauvage tibetain qui s'est refugie en Inde ou personne n'aurait l'idee de le manger.
L'homme de l'Amdo s'occupe d'un magasin a Dharamsala. Il est ici pour echapper a la mousson trop genereuse qui sevit la-bas.. et aussi pour s'eloigner de l'ambiance politique. Il parait blase par les manifs.
Lobsang est heureux. Tout les matins nous faisons un peu d'anglais. Il fait son mauvais eleve, dit qu'il a une memoire peu fiable. Toutefois il retient quelques trucs.
Lobsang est un moine cool. Il ne met le haut de son vetement de lama que lorsque les visiteurs arrivent. Il s'occupe de ses fleurs, blague, ecoute radio free asia qui emet des programmes en Tibetains parasites par une mauvaise musique chinoise... l'invasion, encore et toujours.
Les visiteurs se sont des centaines de sri lankais qui arrivent d'un coup, a qui il offre le the tandis qu'ils lui offrent de menus dons. Ainsi je decouvre derriere les murs, des bidons 20L de biscuits, d'encens, une malle enorme remplie a ras bord de savons! impressionant. Les pelerins vont prier a la grotte puis repartent.
Parfois c un touriste ou deux qui passent avec leur guide. Cela recoivent un accueil neutre. Souvent ils passent sous son nez en l'ignorant.
Et d'autre fois, des indiens viennent et recoivent un accueil tres froid fait de remontrance. Les indiens sont indiscipline et impolis et en plus certains d'entre eux ont des tendances a prendre ce qu'il y a dans les armoires. Bref, Lobsang joue son role de gardien. D'ailleurs il a la corpulence pour. Plus grand que la plupart des indiens, plus massif aussi, il s'est se montre tres inamicale si l'on ne sait que c un jeu pour lui, avec son physique qui evoque plus les guerriers de Gengis Khan que ceux d'un moine bouddhiste. Mais c'est ainsi, Lobsang vient du Kham ou l'on est grand et costaud, un peuple de guerrier qui a toujours aux avant-postes face aux invasions ainsi que lors des revoltes des 50 derniers annees.
Ainsi Lobsang ne semble pas supporter l'idee d'autonomie, ce qu'il veut c'est l'independance. Ne plus rien avoir avec ce pouvoir chinois qui a laisse des traces de sang dans toutes les familles.
Ce qui n'empeche qu'il aime rire. Il aime aussi etre pris en photo et c'est de la sorte que j'ai decouvert qu'il a des cils qui lui donnent des yeux de petite fille!
Etre avec un moine khampa dans les rues de Gaya comportent ses avantages. Nous y sommes alle plusieurs fois en moto. Hors sa corpulence et sa robe intriguent le regards des indiens qui donc ne me voient pas a ses cotes. Lorsqu'il prend sa moto, il met un foulard orange sur son crane et des lunettes de soleil. Ainsi il evoque le moine autant que le biker!
Avec sa gouaille et son mepris des indiens tournes vers l'argent a en etre malade, nous sommes entres dans le temple de Vishnu a Gaya ou a l'entree il est indique que les non-hindu ne peuvent entrer.
En face, sur la place les marchands voulaient vendre des fleurs pour les offrandes, et veulent meme de l'argent our garder nos chausses.
A l'interieur un garde nous accueillit avec le sourire et deux tetes de moins que Lobsang. Il ecouta gentiment les remontrances du moine sur ces faux devots qui ne prechent que par l'argent. A l'interieure d'une pagode impressionante, des fideles s'etalaient sur le sol vers une pierre dans un trou, lui offrant des petales de fleurs. Le pretre qui supervise et benit les fideles, ne trouva rien non plus a dire a notre presence (ajoutons que la tendance absorbatrice de l'hinduisme fait que les indiens l'appelle souvent guruji, guru vous connaissez et ji est une marque de deference et respect) par contre il n'est pas content que l'on offre pas de fleurs. Sur quoi mon guide lui fait remarquer qu'il ne pratique pas de la meme maniere la religion.
L'interieur du temple est construit comme une mini-cite ou certainement les notables de la region se rencontraient pour faire la politique de l'etat. Sous une autre pagode, les ventilateurs sont en marche et les fideles somnolent.
Nous empruntant un couloir raffraichissant qui nous amene sur le ghat, les marches qui menent a la riviere ou des femmes sont occupees a leurs ablutions. Le Ghat est grand et profite de l'ombre du temple. Un arbre trone au milieu de la place et un vache meugle. La saintete indienne. Des enfants jouent au cricket et les hommes ici aussi somnolent.
Je croyait que nous partions de Gaya. J'etais gagne par la torpeur indienne. J'entendais des pleurs sur ma droite quand nous descendimes de moto apres 5 minutes. Je vis aussi le bois. mais je ne realisais pas ou nous nous trouvions jusqu'au moment ou nous faisions face aux buchers. Lobsang se mit a prier. Et moi, reveille, me trouvait toucher par les pleurs de la veuve.
Les jours suivant, avec sa voix tibetaine qui ne peux reproduire tous les sons anglais, il se montra fier a pouvoir parler quatre phrases de plus avec ses visiteurs.
Mais je sentais de la tristesse dans sa voix, surtout lorsqu'il ecoutait les ondes apportees par le vent.
Et ensuite il faisait l'imbecile devant l'appareil photo, puis riait devant les cliches, demontrant son auto-derisions.
Puis vint le jour de se dire au revoir. Pas de quoi pleurer bien sur. Mais il y avait comme un pincement au coeur. Il semblait meme plus toucher que moi. Il m'offrit le the sur la route et me deposa sur la route des tempos en direction de Bodh Gaya ou j'avais laisse mon sac.
Si vous voulez passe un peu de temps avec Lobsang, ce moine hors du commun, pas de soucis. Il sera tres heureux de vous rencontrer :)
01 octobre 2008
promenade dans la campagne sacree du Bihar
Le lendemain de notre rencontre avec Tenzin nous nous sommes promenés tous deux dans la campagne de Bodh Gaya. Nous traversâmes à pied une rivière. L’eau ne nous arriva pas plus qu’a mi-cuisse.
Sous le soleil déjà chaud, l’eau nous rafraichit. Mon moine guide était muni d’un parapluie à vocation d’ombrelle. De l’autre côté nos étions toujours sur le chemin de pèlerinage. Ici Buddha avait fait ci et là telle personne devenue sainte avait aidé le futur Buddha. Ainsi nous arrivâmes à Sujata, du nom de la jeune femme qui offrit du yaourt à Siddharta. Un moment important, car cela rompait les 6 années de sévères austérités de l’ermite, le fâcha avec ses 5 compagnons de jeûne mais l’amena sur la Voie du Milieu. Dans le petit il y avait une pagode et une pyramide de brique où, sur son sommet plat, trônait un arbre.
Il était dix heures, sous l’ombre de cet arbre nous pouvions voir une ligne de collines émergeant brutalement de terre. Cela ne paraissait pas très loin et Tenzin disant que là-bas il y avait une grotte très visitées, nous nous y dirigions.
Apres avoir croisé des champs de riz, de maïs, de ladyfingers et de piments, nous avons traversé une autre rivière qui se révéla une large branche de la rivière précédente. De ce côté les buffles se baignaient, immobiles, se cachant des rayons du soleil qui tapait de plus en plus fort.
Nous avions croisé deux ou trois collégiens qui se rendaient à Bodh Gaya ainsi que des hommes, des bidons de lait sur la tête. Alors quand le petit magasin de sucrerie et samossas nous dit que nous ne pouvions avoir de lait dans notre thé, mes sourcils se haussèrent ostensiblement.
Assis nous observions des maisons basses aux murs de terre, les flancs crottes, c'est-à-dire que devant la pénurie de bois, les habitants faisaient sécher les bouses sur les murs ensoleillés. C’est d’ailleurs ainsi que chauffait notre thé. Je goûtais une sucrerie, mais elle n’avait que le goût du sucre. Décidément les indiens ont la main trop généreuse en tout ! Trop de sel, trop d’épices, trop d’huile, trop de sucre.
Le grand propriétaire du quartier vint nous tenir compagnie. L’échoppe était la sienne. Il avait un portable dernier cri. Tout ça grâce à son salaire de 15 000 roupies (1 euro = 60 roupies) par mois en tant que mécanicien chez Honda à Gaya. Beau tableau sauf que son fils de quatre ans avait un gros bide… l’argent c’est bien mais une éducation sensée c’est indispensable ! D’ailleurs deux autres enfants portent les signes d’une malnutrition fondée sur l’habitude et l’absence d’éducation correcte. Nous sommes au Bihar, l’un des états indiens les plus corrompus, touché par le banditisme de grand chemin et les naxalites. Un état qui s’est vu séparé d’un territoire qui possède la plupart des richesses du sous-sol, le nouvel état du Jarkhand.
Dans ce village et le suivant, tout en longueur, les femmes fument la pipe et les hommes boivent un alcool fait de la noix de palmiers omniprésents. Dans le second village les enfants accueillent Tenzin du nom de Bouti (= tibétain) et moi par Païsa (= argent) ou chocolate, qui désigne toute sorte de sucrerie. Ce village aux mêmes maisons prend des allures plus pauvre, pour sa situation sous les arbres et plus éloignée des champs, et surtout la presence de beaucoup d’enfants laissés à eux-mêmes à l’heure de l’école.
Vers le bout du village, nous trouvions une école au grand format où les élèves sortaient avec leur grand vélo. C’est une école construite et sponsorisée par la Corée. Elle est aussi composée d’un hôpital.
En face de celle-ci, des jeunes jouent au cricket avec un professeur derrière lequel une route en bitume s’élève vers le milieu de la colline. Et un peu plus haut on peut voir un petit temple blanc écrasé par une haute falaise.
Les marchands du temple se montrèrent agaçants, mettant leur marchandise sur ma poitrine et gonflant des prix pourtant imprimés sur les paquets – mauvaise foi sur le chemin de la foi... un autre vend des bougies car on ne voit rien dans la grotte… dit-il. De toute façon tel est leur comportement que je ne leur aurais rien acheté. Un simple sourire c’est gratuit et un sourire affable ça se paie.
Le moine du temple de Dungasiri, nom des lieux, était heureux de revoir Tenzin et nous offrit thé et biscuits, trois paquets de biscuits aux ingrédients listés en Sri Lankais. L’endroit paraissait très calme, entouré d’arbres qui fournissent l’ingrédient principal du thé dans nos tasses. De nos bancs sur la terrasse nous avons une vue dégagée sur la vallée, pouvant apercevoir la pagode de Bodh Gaya ainsi que Gaya à l’aval. A nos arrières se dressait un mur de pierre où deux jeunes arbres s’accrochaient. Après des escaliers centraux nous sommes entrés dans une salle de prières révélant derrière un rideau et une baie vitrée la divinité Mahakhala. Il y avait aussi une autre pièce où des objets de cultes s’exhibaient dans une grande armoire aux portes-fenêtres et sur le côté la photo du Dalai Lama trônaient sous un kata immaculé. A l’opposé de cette salle, en montant un autre escalier nous arrivions sur une autre terrasse cernée par la roche au fond de laquelle une autre pièce abritait une grande statue de Buddha, mais surtout, sur la gauche, un porte s’ouvre sur la grotte où l’ex prince Siddharta, selon la tradition Hinayana, médita six années durant. Au fond de la grotte sombre, une statue du Bikshu (ou Arahat, saint proche de l’Eveil) représente l’ex-prince au corps squelettique en position de méditation. Selon la légende, Siddharta n’aurait bu qu’une goutte d’eau par jour pour tout repas durant ces 6 années. Mais pour les locaux, des hindous, c’est la grotte Makhala ou ils viennent toujours prier et donner des offrandes de fruits et d’encens. Pour le Mahayana aussi c’est la grotte Mahakhala car un important religieux Gelugpa en méditation ici, visionna le dieu comme la divinité protectrice de sa secte.
Le moine qui nous accueillit s’appelle Lobsang Ngodup Lama. Il est parti du Tibet quand il avait 20 ans. C’était il y a 20 ans. Il m’indiqua en tibétain traduit par Tenzin qu’il mettait possible de rester ici. Lobsang marquait sa présence de sa corpulence issue du Kham et d’une voie aux vifs éclats de rire.
Nous retournions sur Bodh Gaya en tempo avec Carlos, un portugais qui se dit moitie bouddhiste, qui nous paie le transport abusif du conducteur. Ensemble nous allons au temple japonais ou c’est l’heure de méditation. Les lignes et courbes de l’art japonais invitent a ce genre d’exercice et opèrent un charme certain sur ma conscience. Le son du bol de prière utilise comme une percussion ajoute à l’atmosphère de paix. Dans la salle on peut voir les personnes habituées et celles qui sont venues en amateurs, secouant leurs jambes endolories.
Au soir nous mangerons tous ensemble, Tenzin, Sanjay et Carlos, au restaurant tibétain. Carlos est un dramaturge qui vient en Inde pour échapper au stress et aux montées de folies de l’Europe. Dans deux jours il partira en retraite au nord de Lucknow. Il nous parla aussi de son expérience à Auroville, un ashram expérimental non loin de Pondichéry. Là-bas une communauté internationale vit ensemble selon des règles d’athéisme éclairé (a l’image de Carlos), tentent différentes formes d’agriculture bio, y compris la symbiose avec les mauvaises herbes (qui a le meilleur rendement), et une organisation sociale aux décisions prisent en groupe et qui doivent être unanimes.
Je décidai de rester une semaine à Dungasiri avec Lobsang, gardien de la grotte Mahakhala.
Tenzin Lundhup, moine du XXI siecle
Je suis maintenant a Delhi mais je continue avec mes rencontres a Bodh Gaya:
Tenzin est un moine tibétain de la connaissance de Sanjay. Il le héla lorsque nous étions assis sur les marches au-dessus du marché. Tenzin Lundhup pointa du doigt avec plaisir mon T-shirt Save Tibet. Je lui montrais mes photos des manifs de Kathmandu, ce a quoi il répondut, ce n’est rien en comparaison de ce qui ce passe au Tibet. Je ne pouvais qu’acquiescer.
Tenzin est un grand moine, les yeux fatigues mais souvent un sourire parcours son visage. Un sourire aux apparences benêtes, je dirais plutôt un sourire métamorphosé entre une béatitude passée et une misère actuelle. Bodh Gaya, où chaque nation bouddhiste se fait un point d’honneur à avoir son monastère, ne se révèle pas une ville d’accueil pour l’homme dans le besoin. Tenzin est arrivé ici, parce que deux ans auparavant, à Kathmandou, un homme lui dit qu’il devrait se rendre à Bodh Gaya en raison du nombre de monastères. Mais sans un sou et sans papiers Tenzin se vit fermer les portes au nez, pour ces motifs.
Toutefois, une fois sur place il tient toujours à rester, dans un tel contexte l’expression « prendre refuge » acquiert tout son sens. Un moine, dans l’enceinte du Mahaboddhi, l’avait sermonne car il mendiait. Le prétexte de l’homme pas content étant qu’il y avait déjà assez d’indiens à mendier à l’extérieur, et donc il n’y avait pas besoin de se voir embêter aussi dans le lieu sacré… les pèlerins ne révèlent guere plus genereux avec le pauvre moine (ils font des donations aux différents monastères visites) et sans amis à Bodh Gaya, Tenzin partage ses biscuits avec les chiens errant… ce qui lui vaut aussi des réprimandes. Apres cette première discussion, le sujet tourne sur sa vie au Tibet.
Toute sa vie il n’a été que moine a Lhasa. Orphelin de père et affecte par la perte d’une sœur, aussi dans les ordres. Ses deux êtres proches ont été victime de la cruauté de l’occupant chinois. Il ajouta que sa sœur mourut sous la torture, en prison, ses os brisés. Toutefois, Tenzin décida qu’il lui fallait rentrer en contact avec ces visiteurs occidentaux qui arpentent les rues de sa ville. Il apprit donc l’anglais en plus de ses activités nocturnes de colleur de samizdats bouddhistes. Il rencontra une journaliste américaine qui resta un certain temps au Tibet. Il lui fit visiter des parties interdites de la ville et du Tibet. Pour le remercier Mrs Joy lui offrit deux cassettes sur le Dalai Lama.
Un précieux cadeau pour le moine mais aussi un cadeau empoisonne sachant que celui-ci est considéré comme de la propagande séparatiste. Il avait donc cache ceci avec ses livres séparatistes sur le Dalai Lama et son message de paix. Mais devant la rareté d’un matériel béni et du fait de murs munis d’oreilles, Tenzin accepta de montrer les films.
A ce moment je voyais Tenzin Chokyap à Kathmandou qui regarde en liberté des vidéos du Dalai Lama avec une très grande révérence, buvant les paroles du Saint. (je traduis ainsi le paradoxe tibétain qui appelle dieu, dans un contexte religieux qui ne reconnait pas de dieu autrement que telle une illusion) Je voyais aussi la suite de l’histoire.
Mais à ce moment le moine me brisa en me raconta dans le détail, les faits de son arrestations, son éthique, sa souffrance et son humiliation qu’il mettait entre parenthèses face aux insultes directes des soldats chinois envers son leader spirituel. Nous étions à ce moment assis tout assis dans la pénombre d’un coin de jardin du Mahaboddhi. Un ciel sans lune baigné des prières en sri lankais sous un manteau de chaleur tropicale qui n’empêcha un soudain blizzard causé par le récit du moine.
L’arrestation s’était passée en 2003. Deux ans plus tard un geôlier lui dit que pour 5000 il pourrait l’aider à s’évader. C’est une grand-mère tibétaine qui travaillait dans la prison qui lui trouva l’argent. C’était un an avant la fin de sa peine. Ils s’évadèrent à trois mais l’un deux se cassa une jambe. Aucun des deux autres ne voulant abandonnant leur ami, ils tirèrent à la courte paille celui qui continuera le chemin vers l’Inde. C’est Tenzin qui resta avec le blessé, le mit à l’abri et rejoins une mère qui pleura à l’idée de perdre encore un être cher. Elle le somma donc de fuir aussi vers l’Inde. Une aventure périlleuse où il ne se déplaça que la nuit. Et une fois à la frontière avec le Népal, les soldats népalais le dépossédèrent de tous ces biens et papiers.
A l’évidence il aurait du se rendre à Dharamsala ou Darjeeling mais il préférait ne plus bouger, rester la où un homme ayant renoncé sa vie de prince devint Buddha. Tenzin appartenait à un monastère de Lhasa qui avait migré dans le sud de l’Inde, hors son compagnon d’évasion avait rejoint cette destination et avait promis qu’il viendrait chercher Tenzin dans 6 mois. Et donc il attend, entre ses prières devant le bodhi tree et sa chambre impayée depuis trois mois.
05 septembre 2008
de la frontiere a Bodh Gaya
Mes premiers pas dans l'Inde, ct a a Rickshaw, un indien avec une main bouffee par la vermine. Il voulait aller au plus vite, en traversant la frontiere il a desobeit le garde et fonce direct a la gare, ou j'ai pris un billet pour Muzzafarpur, la deuxieme ville du Bihar. Je suis arrive de nuit avec des Biharis taquins, mais aussi un futur cadre de 23 ans deja marie et un enfant. Il Etudie par correspondance pour pouvoir travailler et subvenir aux besoins de sa familles, surtout que selon la tradition locale, la femme doit rester a la maison. Ainsi dans les deux maisons Bihari ou j'ai passe quelques nuits (aujourd'hui je suis a Bodh Gaya chez Sanjay) il s'agissait d'une maison pour la famille elargie. Trois a quatre oncles et tantes, souvent les oncles absents, partis a Dubai ou ailleurs, les grand-parents. Les femmes restent la journee a la maison et obeissent aux ordres des hommes, avec des marriages tot, elles n'ont pas l'occasion de prolonger leurs etudes.
Chez Sonu A Muzzafarpur, la plus eduquee des tatas est alle jusque class XII, et une autre n'est jamais alle a l'ecole. Mais etant le premier etranger qu'elles rencontraient, la curiosite a pris le dessus :
Est-ce qu'en France on mange du riz? etait une question d'echauffement. En suite on a parle de dot, de marriage intercaste, de droit a l'education pour tous, d'equite pour les femmes... en mesurant les droits francais, il n'empeche que vu d'ici la France est un petit paradis pour la femme Bihari.
De son cote, Sonu me presente fierement a tous ces amis en ville, nous avons meme passe la nuit chez son ancien prof de fac qui vit seul chez ses parents. Sonu ne semblait pas tres heureux de l'interet des femmes de la maison a mon egard. J'etait place sur une chaise au milieu de piece, entre deux lits d'ou toute la famille me posait des questions. Il n'y avait qu'un Oncle pas tres causant, le visage tres austere. La severite du facies est plus que commun dans le Bihar, un grand changement avec le Nepal.
Par contre Sonu et ses 24 ans ne pouvait pas detourner la conversation du sexe et des petites amies des que nous etions seuls, au point que lors d'une escapade en moto cela a tourne en education sexuelle. Le Sonu qui a travaille a Delhi et y a trois copines et a Muzzafarpur une autre qu'il doit voir en cachette, m'a revele ses defaillances et sans plus de honte que toute son educ sexuelle lui vient des films pornos. Voila ou conduit les taboos! hors ici c'est pas ce genre de film qui va arranger la condition des femmes!
Puis j'ai passe une petite semaine a Darjeeling city. Miss T m'avait dit lieu sous les nuages mais je ne pensais pas que ca aurait ete a ce point! Elle m'a aussi dit que la-bas les tibetains vivent comme des nepalais. Et en effet j'ai rencontre deux couples mixtes, mais les enfants parlent les deux langues. Quant a la religion de ceux-ci faudra attendre leur choix il est encore trop tot pour eux. A Darjeeling, sans pouvoir faire un trek n'y voir la superbe vue, mes sentiments sont partages. La ville profite pas seulement du tourisme (je suis le seul client de la mignonne petite guest-house Tamang ) mais du commerce a un carrefour des nations. Darjeeling c'est la ou se retrouvent les boutanais, les sikkimi, les nepalais et les indiens. Une coexistence des cultures qui est tres agreable par contre la brume n'aide pas a avoir l'impression de se sentir en pays saxon, entre les eglises, les cottages et les carrillons. Ce qui me plaisait en Angleterre me degoute ici, si loin de l'Europe.
Les refugies tibetains du self-help centre etaient occupes en priere et jeune pour leurs freres toujours au Tibet alors j'ai fais la connaissance d'un Sikkimi, Sonam Butia, un jeune de 23 ans, fan de foot, qui m'a trotte toute la ville entre un tailleur (pour ma chupa), la tea-house de sa petite copine nepalaise dont la soeur preferait ma coupe de cheveu a celle de Sonam, inspire des jeunes acteurs japonais. Darjeeling se pose sur une cime brumeuse mais descend sur les flancs de la montagne, 400 metres de denivele qui fatiguent les personnes agees, et entrainent les ecoliers. Sonam ne semblait pas effraye par le parcours qu'il voulait me faire decouvrir mais c de lui-meme qu'il a demande une pause.
A Bodh Gaya, chez Sanjay, membre couchsurfing, il n'y a pas cette obsession de Sonu. Au contraire en tant qu'habitant de Bodh Gaya, il aime a se rendre tous les soirs sous l'arbre ou le Bouddha atteint l'illumination 2500 ans plutot. Tout le monde sait que ce n'est plus le meme arbre, mais ca n'empeche pas les pelerins de ramasser les feuilles, de demander un peu de terre a mettre dans un sachet pour ramener au pays.
Pour montrer le fanatisme des devots, l'ancien manager du site, faisait couper des branches qu'il revendait au marche noir. Pour prouver sa culpabilite on a fait venir des scientiques thailandais qui ont prouve que les coupes etaient recente et tout le bordel, et la suite d'un proces tres serieux il s'est fait vire...
31 août 2008
Depart du Nepal ;(
Ce fut rapide, tres rapide. Nirmal m’avait assure que les trois mois de mon visa pourraient s’etendre facilement a 1 an. Mais en fait fin juillet il me dit que ce n’est pas possible, mais qu’il a un copain qui a un journal et qu’on pourrait arranger l’affaire. Ce fut seulement deux semaines plus tard que j’ai rencontre ce directeur qui veut lancer un nouveau papier en anglais pour les diplomates et les cadres des ONG. Son plan, recuperer des news fraiches sur le Nepal dans la presse etrangere. Pendant le temps de la discussion il ne pouvait s’empecher de regarder la tele et la chinoise gonflee a bloc soulever des alteres. Tout ca m’a semble peut convaincant alors que le journal est sense paraitre dans deux semaines, et puis le directeur voulait de moi que je trouve des compagnies europeennes interessees pour mettre leur reclame dans son journal, et trouver ces fameux articles sur le Nepal pondu de l’etranger. Peut-etre que ca m’aurait fait rester plus longtemps au Nepal mais cela m’engageait aussi, me reclamerait trop de temps et donc j’ai refuse. Au moins de retour en France je pourrais plus utiles aux enfants.
La veille j’etais deja alle recuperer mon visa indien, un peu de prevoyance car sinon j’aurais ete condamne a sortir du pays en avion et donc a payer plein pot.
A l’idee de partir, tandis que le petit Choesang aimait a sauter dans mes bras, j’avais deja la larme a l’oeil. Pour les preparer un minimum j’ai insiste pour que Tempa prenne en charge le bain des enfants de facon reguliere, emmenant tous les enfants en deux jours consecutifs. Cela evitera des maladies de peau. Maintenant ils sont immunises contre les poux et sont contents de leur beau tissu a mettre sur la tete. Mais la didi n’est pas tres pour amener beaucoup d’eau et Tenzin pas tres enclin a aider dans le domaine (il a lui meme l’eau courante chez lui, d’ailleurs le dernier jour, ou je suis venu dire au-revoir aux enfants de Kushibun, j’ai vu son fils. Plus que bien nourri et avec un beau velo. Ca m’a donne la gerbe). Et donc les vetements et les draps ne sentent pas la rose, et les utus sont revenus...
Pendant deux semaines j’ai envoye des mails, chercher des assos, mais pas une reponse. Seul un courrier regulier avec SolHimal et Oxfam qui a pris le temps de me repondre, meme si negativement. Bref, faudra continuer a trouver de l’argent et des sponsors pour qu’enfin les enfants puissent vivre dans des locaux decents sous l’aile protectrice d’Umbrella qui a promis de continuer a donner de la nourriture quand son budget le permet.
Pour le tout dernier jour au Nepal, premierement, avec Ruben et une autre membre de Couchsurfing, nous avons joint les rangs de la marche tibetaine entre Swoyambunath et Buddhanath. Une marche autorisee mais bien sur la police a recu ordre de provoquer, cette fois en confisquant les T-shirt pro-tibet, ce qui est bien sur une aberration lors d’une marche tibetaine. L’odeur d’un ordre si non directement issu de l’ambassade chinoise, alors certains veulent vraiment plaire a celle-ci, d’ailleurs le nouveau premier ministre, fraichement designe (Prashanda, le leader CPN-M(=aoistes)), etait deja en Chine pour recevoir les felicitions de Hu Jintao qui etait content que le Nepal soutienne l
es JO.
Sur le chemin j’ai rencontre Tsering. C’est elle qui m’a interpelle, avec ses lunettes de soleil je ne l’aurais reconnue. C’est la demoiselle qui pleure sur la video de la manif du 10-08, ainsi que sur la photo. Avec son accent americain gagne a force de donner la replique aux acteurs hollywoodiens qui tournent en boucle dans son lecteur DVD, elle m’a dit etre tres heureuse de me revoir. De ce moment, elle ne souvenait que de la police nepalaise et d’un gars qui la prenait en
photo.
A Swoyambu, discours, comme d’habitude, hymne tibetain, puis repas offert. Celui-la est bien merite surtout pour les amalas qui ont subies et le soleil et la derniere cote avec leur sueur. C’est qu’il a fait plutot chaud.
A la suite du repas, j’ai suivi Tsering qui m’a emmene dans l’agence d’une amie pour que j’achete le billet de bus pour le lendemain, puis nous sommes alle a Umbrella, ou il n’y avait ni Gyan ni Jacky. Tres embetant car de l’un et de l’autre j’attendais des signatures pour pouvoir montrer des papiers officiels et garnir convenablement des dossiers de subventions pour les enfants. J’ai donc laisse un message, et espere que les papiers arriveront en France. Puis avec Tsering, on s’est dit au-revoir et je suis alle voir les enfants de Kushibun. Sequence danses et chants. Mais deja Miss T
et Mrs B. M’attendaient a Bouddha, je donnais donc les dernieres consignes a Tempa pour qu’il s’occuppe bien des enfants et que si n’importe probleme se produisait il pouvait appeler Umbrella ou le docteur ou Gyan.
De retout a Bouddhanath avec ma bicyclette nepalaise, j’ai eu le temps de revoir Chokyap qui avait pris mes CD des manifs pour les copier puis avec les deux directrices nous nous sommes diriges vers un bon restaurant. Nous avons parle famille, miss T. a perdu son pere tres tot dans un camp de travail chinois et donc elle m’a donne son avis sur ma propre relation avec le paternel, nous avons parle des enfants de l’ecole, de ceux de Kushibun autour d’un repas pantagruellique amene par des serveurs sourds et muets et commande par Miss T. Impossible de finir et donc les serveurs nous ont fait des petits paquets a emporte, la version smart du doggy bag d’outre-Manche.
Toutes les deux se sont jointes pour m’offrir une chemise traditionelle tibetaine. Une fois de retour a l’appart celle-ci s’est trouve tres grande pour mon petit corps, Ruben, toujours present etait d’accord. Il a etendu son sejour a KTM pour finir son boulot de traduction a Umbrella et enfin pouvoir assister a une manif tibetaine. Le comportement de la police l’a choque. Lui prepara son velo pour son depart vers Lumbini (lieu de naissance de Bouddha Shakyamuni) tandis qu’enfin j’avais le temps de preparer mon sac.
Tellement rapide ce depart que j’ai l’impression d’avoir laisser KTM en plan, d’ailleurs Joanna n’a pas apprecie, mais que dire des enfants, que dire du gouvernement qui se regarde la panse bien remplie, de Gyan meme qui a aide bien sur mais qui m’a laisse un peu desabuse ? Que dire de ce Nepal qui ne veut pas donner des visas aux volontaires, qui pour remedier aux consequences de l’inondation qui bloque ma route pour le Darjeeling refuse l’aide internationale, alors qu’il se nourrit la panse de celle-ci. Ici c’est l’Asie, les flancs saillants de l’Himalaya une montagne et un pays presse entre deux super pouvoirs, l’Inde, la democratie corrompue et la Chine, la dictature a qui les democraties de l’Ouest font les yeux doux. Bien sur tous ces representants politiques sont notre honte, et les peuple souffrent. Des nepalais subissent la famine a cause de la mousson et des JO, d’autres sont sous l’eau a cause de la lenteur d’action du Nepal et de L’inde (qui controle les vannes du barrage le plus proche !) et alors ? les peuples sont-ils innocents ? chacun de nous est coupable, trop egoiste, notre vision trop etroite, notre organisation desorganisee pour des interets personnels, notre credulite face a la tele, notre fatalisme, l’asiatique ou l’europeen, ne sont pas seulement des elements qui ne nous font pas honneur, mais aussi qui nous enterrent a petit feu. D’abord les tibetains, l'Afrique et puis notre tour.
17 août 2008
a bonne nouvelle mauvaise nouvelle
G
ood news : Jacky, depuis son lit (il nous a fait un malaise est reste une semaine chez lui) a propose de faire une livraison de nourriture pour les enfants de Kushibun.
des kilos de riz, de patates, de tomates, d'onions, de brinjals (l'aubergine locale), de sucre, de farine. De quoi durer 5 jours selon les estimations de Kamal, le responsable de l'une des maisons Umbrella.
Devant mon arrivee en taxi avec toutes ses denrees les enfants sautaient de joie, et reflexe de village, se sont mis a porte le tout (sauf riz et patates, trop lourd!!!). Tandis que la didi commencait a cuisiner j'en ai fini avec l'epouillage technologique. Mais la didi ne voulait pas passer a la tondeuse. Par contre elle se disait que les aliments ici presents feraient bien une semaine... un autre reflexe devant le manque, mais j'ai bien insiste pour que le tout dure 5 jours, pas plus, ces enfants en ont besoin!
Les enfants voient que ca bouge autour d'eux et ils esperent des changements plus consequents, d'autant que Tenzin a ouvert sa grande gueule en leur disant quune partie d'entre eux irait dans les maisons Umbrella. Ce qui n'est pas du tout prevu. Donc Tempa me demande quand est-ce qu'ils bougent parce qu'ils detestent tous cet endroit sordide sans acces a l'eau (sauf le camion, et un puits lointain).
Mauvaise nouvelle : Bien pour la nourriture, mais un autre soucis vient s'ajouter. Etant donne la rarefaction du gaz. Les gens se rabbattent sur le kerosene pour cuisiner... et donc celui-ci aussi se fait desirer. Pour 35 enfants la didi utilise un litre par jour. Ce jour-ci elle a reussi a obtenir deux litres... sinon ca sera repas froid a base de riz battu...
Pour tout ca, pour en finir, s'il vous plait, faites-vous connaitre pour sponsoriser un enfant ou meme donner quelques euros (20 euros = une bouteille de gaz)
14 août 2008
des nouvelles des enfants
Rappel, ces petits bonshommes tous nus (moins deux) sont tous a sponsoriser (50 euros par enfants et par mois, c'est peut-etre un peu beaucoup mais a deux voir quatre salaires ca peut le faire... Dans les volontaires d'Umbrella, ya un RMIste. En France, avec sa compagne dans la meme situation, ils sponsorisent deux enfants.
La visite chez l'opticien c'est bien passe. Pas de soucis de vue pour les enfants.
La veille nous les avions emmene au bain. Une fontaine publique ou le voisinnage se lave et nettoie son linge.
a deux pas de Thamel, les gens se sont montre concerne. Et un passant a pris une photo pou envoyer aux journaux car cette homme estime que les canards doivent montrer la realite. Tandis qu'Anneli et son petit copain commencaient a laver les enfants qui se sont mis tout nu avant meme qu'on demande quoi que ce soit.
Jacky, president d'Umbrella, est tombe malade. Plus moyen de le contacter. le 11 aout, alors que j'ete dans les bureaux de l'asso, Gyan, enfin arriva. j'esperait de lui qu'il me donne un rapport du district sur la situation des ecoles et des familles, a la place il me demande ce qu'est j'ai decide pour les enfants parce qu'un article va paraitre sur les enfants. Un moyen de mettre pression. Mais tant que ya pas d'argent, on ne peut pas reloger les enfants! Hors le gouvernement n'a pas d'argent. Umbrella clos tout juste son budget.
Mais question nouvelles, en voila une bonne, Dans la region d'ou viennent les enfants, il y a disette du a la fermeture de la frontiere politique chinoise. Les marches chinois sont plus accessibles pour les nepalais habitants pres des hauts sommets (Humla, Rasuwa ou Langtang). Kathmandu est trop loin. Donc la-bas on manque de riz et de legume. Pourquoi la fermeture de la frontiere au point d'affamer des poppulations pour garder le Tibet sous controle, pour que personne ne puisse temoigner de ce qui s'y passe.
Bref si nous savions deja que la Chine est capable de tuer, le CIO, comite international Olympique,
maintenant, et avec tous ses supporters (medias et publicites etc.), se rendent complices d'un tel etat de fait. Vive les JO, vive le sport Co...mmercial.
Quel impact pour les enfants? cela reduit les chances de les renvoyer a leur famille... qui bien evidemment leur manque.
Mercredi je suis retourner les voir pour leur toilette, sinon ce n'est pas fait, le petiote Choesang, quatre ans, ne me lachait plus. Je suis le grand frere de tous.
Le lendemain c'etait boule a zero pour la majorite d'entre eux a en fatiguer ma tondeuse. Ya une des pleurs de filles, mais la plupart etaient heureux d'avoir ma coupe de cheveux! Et Choesang sautait dans mes bras et sous la tondeuse.
Anneli devait venir pour payer les frais d'examens scolaires (une taxe de passage en classe superieure!!!) mais elle n'est pas venue.
Gyan ne m'a pas donner de rapport sur les familles... il comptait sur Tenzin (qui n'etait pas content de l'article de journal :"Des enfants dans un orphelinat illegal") pour faire le boulot. Une situation ubuesque qui demontre les limites d'actions du gouvernement











